[Pv Elvan'] Descente aux enfers

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[Pv Elvan'] Descente aux enfers

Message  Gabriel Atria Luinspear le Sam 8 Aoû - 17:32

Tout avait été si facile, trop facile même, que ça étonnait Gabriel. Même s'il n'était pas du genre superstitieux, il craignait un quelconque retournement de situation qui pourrait lui être fatal. Sa dernière erreur...De toute façon, ne pouvait-il pas mourir d'autre chose que d'une erreur ? Il ne serait jamais de ces hommes qui meurent après une vie bien chargée, d'un simple dernier coup de cœur devenu trop vieux...
Il patientait, il admirait cet Elvanthyel inconscient assis sur une chaise. Assis lui aussi, mais dans un siège, il observait en face l'endormi. Il ne devrait pas tarder à s'éveiller...et alors...
Alors, serait-ce l'affrontement final ?...comme dans ces jeux vidéos, arrivait-il au boss final, quelles ruses allait-il devoir utiliser ?

Appuyant sa tête penchée sur le dos de sa main, il souriait tendrement, avec satisfaction. Rien n'était plus doux que la vengeance. Et il l'attendait bien patiemment. Car oui, ce n'était que le début d'une longue entreprise...il calculait, se demandait quelles astuces trouverait un Elvanthyel apeuré pour s'en sortir en vie ?...Gabriel était pris d'une envie démesurée de voir un retournement de situation, juste par curiosité, cette curiosité envahissante qui l'enfermait dans le désir de savoir plus, toujours plus. D'un autre côté, son instinct de survie et son intelligence lui disait de se méfier, un retournement de situation pourrait être synonyme de sa propre mort, s'il ne pouvait pas retourner lui même la situation...
Haaa, c'était si complexe cette mise en abîme qu'il en était encore plus stimulé. Il réfléchissait déjà à tous les types de torture qu'il pouvait appliquer sur son prisonnier. Bien sûr, pas physique, il n'était pas un tortionnaire mais un homme cérébral. Il voulait simplement trouver les failles de cet homme et le plonger plus profondément dans la panique, dans l'instinct humain le plus animal possible. Un instinct humain animal...ce paradoxe sonnait si bien, et le cobaye pour l'expérience était le préféré du blond.
Enfin, il arrivait à sa dernière analyse sur Elvanthyel...Enfin...

Il levait la tête vers le plafond. Un pauvre néon qui n'éclairait pas grand chose. Ils étaient dans un lieu désert, presque imaginaire tellement il semblait perdu au milieu de nul part. Deux chaises, occupées par les deux protagonistes, au centre d'une pièce au sol aussi sale que les murs, au milieu d'une obscurité qui rendait les sorties indiscernables quand on ne les connaissait pas. On pouvait sentir la poussière, la crasse, des odeurs de pierres humides.
Sombre et humide étaient certainement les adjectifs décrivant au mieux cet endroit pour le moins perdu au milieu de nul part...Sans aide extérieure, Elvan'...non, tu étais seul, dans un endroit certainement inconnu avec un homme bien trop connu pour ne pas le craindre...
Pourtant, il n'y a pas si longtemps, cet homme que tu méprises tant ne t'effrayait pas. Suffit-il que tu sois sur une chaise avec les mains liées dans le dossier pour sentir une peur imminente ? Oh oui, dis à Gabriel que oui, il ne voulait que ça, n'attendait que ça...

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Re: [Pv Elvan'] Descente aux enfers

Message  Elvanthyel Herhlen le Sam 8 Aoû - 19:19

Si la mort se désignait par l'absence d'interactions avec le monde réel, alors dans ce cas il l'était. Conscient de rien, pas même des pensées qui auraient du le maintenir éveillé, il n'était qu'un corps dans une brume lourde et épaisse laissant suffoquer son esprit.
Petit à petit, cependant, il entendait quelques échos métalliques, une fumée âcre qui lui brûlait la trachée, doucement la même scène se répétait des milliers de fois sans un seul moment de répit... La balle lui traversait la gorge, lui coupait le souffle et lui arrachait un hurlement difforme et proche du gargarisme noyé. Une lame brûlante qui descendait à chaque inspirations...

Le choc avec la réalité le fit sursauter tout en expirant violemment. Ses yeux grands ouverts faisaient face à Gabriel avec une certaine distance, un dégoût nuancé et pourtant lisible.
Lentement il sentait ses muscles se crisper quand il tenta de se redresser, la corde sur ses poignets gela la moindre volonté de violence. Patiemment il se réveilla prenant tour à tour conscience de sa position et du lieu où il se trouvait. Froid, humide et trop mal éclairé pour avoir une idée précise de sa geôle. Lucide il devinait qu'il se trouvait dans les taudis, cette odeur de moisissures aidait largement à le savoir et c'était également de la logique puisqu'il fallait du calme pour ce genre de choses. La vengeance, aussi ironique qu'elle soit, demandait de la transparence ce qui en un sens rassurait l'aîné.
Étrangement son hallucination l'avait un peu calmé, peut-être trop vu son arrogance et son caractère mais pas assez pour lui permettre de se lever malgré tout et de finir son boulot ici. Qui plus est, plus il tentait de bouger ses mains plus la corde lui sciait la chaire, jeu malsain qu'il était à présent incapable d'entretenir à présent.
Toujours prit par la peur mais son esprit était là, calme et posé ce qui lui permettait de relativiser et rendre logique chaque choses l'empêchant de sombrer trop vite dans une peur panique qui ravirait l'homme qui lui faisait face.
Il savait également qu'avoir peur de Gabriel envenimerait les choses sans contrôles, la peur du nom accentue le tout n'est-ce pas ?
Faisant face de façon stoïque, en apparence du moins, il releva son visage avec quelques tressaillements, sa nuque lui faisait horriblement mal et tendue comme elle l'était il sentait avec une irrésisitible perfection la brûlure dans le creux de son cou.
Était-ce cette simple blessure qui l'avait hantée tout à l'heure ?
Parvenant tout de même à imposer cette allure détachée de cette situation macabre, il fixa droit dans les yeux le blond qui était assit en face de lui. Tout aussi ennuyé physiquement qu'à chaque occasions. Une image traversa l'esprit du trentenaire qui se mit doucement à déchanter, tout deux avaient-ils ce visage aseptisés quand ils tuaient ? Elvanthyel avait-il ce visage diaphane à chaque balle logée dans la nuque ? Bien évidemment et c'était même sa marque de fabrique, ce pour quoi il était réputé. Un travail propre, soigné à son image. Pour Gabriel cela relevait plus du jeu et du besoin que d'un réel ennuis ? Bien-sûr... Il n'était pas aussi froid qu'il le prétendait, tout chez son ennemi était faux surtout en ce moment...
Quelques doutes qui ne passaient absolument pas la barrière de ses lèvres, bien au contraire il instaurait lui-même, d'entrée de jeu, ses règles. Quelques secondes à peine avaient écoulées leurs poussières entre son réveil et sa prise de parole :

-Finis-en maintenant, si tu n'en es pas capable je mettrais moi-même fin à ce jeu stupide...


Pas d'hésitations, une voix monocorde et sûre, pas un souffle ou un point d'arrêt. Tout avait été dit sur un ton autoritaire sans pour autant avoir à lever la voix. Au contraire c'était d'avantage proche d'un ordre soupiré à cause d'un manque de souffle que d'un ordre hurlé et agressif. En ce sens l'aîné prouvait aussi sa décision, mais pas son intention, bien loin de là.
Sa mâchoire était infiniment trop lourde, sa bouche sèche lui paraissait désagréable, comme celle des morts par noyade. C'était ironique d'ailleurs, tellement qu'il en retint un sourire à cette pensée. Il fixait sans démordre son interlocuteur, sans la moindre trace de peur ou de doute, d'anxiété ou d'impatience. Rien ne filtrait en dehors de son caractère auto-didacte et décis. S'enfonçant sa sur chaise il laissait ses bras se détendre, limite ballant le long du dossier en bois gonflé, il laissait sa nuque s'étirer en arrière en espérant se détendre un minimum malgré sa position délicate.
Bien évidemment il ne savait pas comment son ordre, intimé, allait passer et encore moins prévoir les évidences propres à Gabriel. Qu'avait-il l'intention de faire ?
C'était un mystère, tout autant que le seraient les réactions de l'Allemand qui tairait au maximum les attentes de son vis-a-vis.

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Re: [Pv Elvan'] Descente aux enfers

Message  Gabriel Atria Luinspear le Lun 17 Aoû - 18:19

Et il s'éveillait, donnant à Gabriel l'impression d'observer une rose en train de s'épanouir. Resplendissante, son éveil préméditait des actions plus imprévisibles les unes que les autres...ses épines, dangereuses, n'étaient pas omises par le blond, qui désirait toutes les arracher, les unes après les autres...
Il ne souriait plus, laissant simplement un air détendu sur son visage. Il décidait de jouer dans le jeu sans jouer un rôle. C'était la fin, la toute fin, les dernières cases étaient visibles, particulièrement la case "Arrivée". Plus besoin de faire l'hypocrite ou le joueur aimable et courtois...laissons place à ce mauvais joueur à la chevelure dorée, son caractère premier. S'il pouvait, encore, paraître tel qu'il était réellement...qu'était-il réellement ?...il jouait tellement qu'il ne savait plus faire autrement. Les simples signes d'un naturel plus prononcé était un relâchement, laissant ses sourires apparaître et disparaître à leur guise.

Une déception, tout en appuyant son menton sur ses deux mains liées par les doigts, Gabriel se sentait déçu de n'apercevoir aucune terreur. Dans un sens, n'était-ce pas mieux ainsi ?...un jeu si palpitant allait bientôt prendre fin, il fallait en profiter au maximum. Et le blond était bien décidé à ne pas laisser d'échappatoire ni à Elvanthyel, ni à lui-même. Mauvais perdant, certes, mais fair-play.
Il se détendait, toujours dans cette position du dominant qu'il aimait tant prendre pour faire enrager son prochain. Il s'étira lentement, passa ses bras derrière le dossier de son siège, puis croisa les jambes, avec un fin sourire accompagnant son regard hautain. Puis le sourire disparut pour laisser place à la concentration.


"Finis-en maintenant, si tu n'en es pas capable je mettrais moi-même fin à ce jeu stupide..."

L'espace d'un instant, Gabriel laissa place à une expression de surprise. Yeux légèrement écarquillés et aucune réplique soudaine. Finalement il cacha son visage entre ses mains, tel un dépressif cachant ses larmes. Un tutoiement et une phrase cinglante, que demander de plus pour débuter cette fin ?...
Que dire en premier ? Que dire en dernier ?...tellement de phrases envahissaient la tête du journaliste, il voulait toutes les sortir en même temps pour qu'aucune ne perd de sa valeur, mais petit être humain qu'était Elvanthyel, jamais il n'aurait pu les comprendre toutes à la fois !...quoi, Gabriel petit être humain incapable de prononcer tant de phrases à la fois ?...Voyons, jamais il ne penserait dans ce sens.


"Elvanthyel...cher Elvanthyel..."

Un léger rictus accompagnant un sourire découvert par ses mains. Il fixait le brun, le dévisageant à son tour. Il croisa les bras et poursuivit :

"A travers ta phrase, c'est comme si tu me sous-estimais...tu me sais capable de bien des choses."

Il se leva tranquillement, s'étirant encore une fois, comme un homme partant pour le boulot quotidien. Il sortit son précieux cheetah et l'observa amoureusement, le levant devant ses yeux bleus ébahit. Enfin, il s'approcha d'Elvanthyel, comme un félin approchant sa proie. Il se plaça derrière lui, et lentement se pencha vers lui, caressant sa tendre joue du bout de son arme. Alors que le canon approchait la joue, ses lèvres s'entrouvrirent, et lorsque l'arme toucha enfin la peau du brun, la voix de Gabriel s'adoucit légèrement dans un chuchotement :

"Me crois-tu incapable de te tuer, Elvanthyel ?...Me crois-tu incapable de t'infliger les pires souffrances si elles peuvent me procurer un quelconque intérêt ?"

Un sourire élargit ses lèvres et il ajouta :

"Ne me dis pas que tu penses, comme tant d'imbéciles morts aujourd'hui, que mon manque d'acte cache un manque de courage ?..."

Il se releva lentement, replaçant son cheetah bien au chaud. Tous ceux qui avaient cru Gabriel dégonflé l'avaient bien chèrement payé. On n'arrive pas dans les plus hauts rangs de la mafia quand on ne sait pas se faire entendre ou comprendre...l'autorité a un prix, et ce prix, c'est la conviction que l'on puisse faire les pires choses...comme donner la mort ou détruire la vie de son prochain, deux domaines dans lesquels Gabriel excellait.
Il laissa encore un léger rire s'échapper, tout en retournant vers son siège. Se plaçant derrière le fauteuil, il appuya ses coudes dessus et dévisagea les sublimes yeux du brun.


"Je ne pensais pas me tromper en pensant que tu me connaissais autant que moi, je peux te connaître...me serais-je trompé, cher Elvanthyel ?"

Non, bien sûr que non, jamais Gabriel ne se trompait. C'était inimaginable pour le journaliste. Il ne pouvait pas commettre d'erreur...
Se redressant, il s'amusa à bomber légèrement le torse, se mettre de profil par rapport à son interlocuteur, appuyer sa main droite sur le dossier et avec un air de savant snobinard, lancer au brun :


"Montre-moi comment tu veux mettre fin à ce jeu...je ne tolère aucune triche, tu dois t'en douter...mais si tu possèdes un quelconque moyen d'avancer d'une case ou deux, n'hésite pas..."

Autrement dit, sortir des règles c'est abréger le jeu, ou à l'inverse, le rendre encore plus long et tortueux - tout dépend de la triche proprement dite. De cette phrase s'ensuivit un air beaucoup plus sérieux, avec un regard de défi. Il arrêta sa pose théâtrale et se remit face à Elvanthyel, toujours debout, avec des yeux les plus observateurs au monde.
Il trouverait...il trouverait le moyen de plonger cet homme dans la peur la plus profonde, au point de le supplier d'arrêter ou de le tuer...c'est la seule jouissance qu'il attendant, son seul désir...

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Re: [Pv Elvan'] Descente aux enfers

Message  Elvanthyel Herhlen le Mar 25 Aoû - 17:42

Les pièces étaient placées sur l'échiquier, l'aîné face à son adversaire. Dans certains cas on aurait considéré ce genre de jeux comme étant inutiles. Perdre deux pions pour satisfaire un égo démesuré était stupide. Les deux joueurs en étaient conscients vu la tournure des choses. L'Allemand, le jour où il avait lancé cet ultimatum, avait décidé de ne pas reculer et faire face à cette éventualité ne l'avait pas dérangé. Jamais il ne se laisserait vaincre, tant que son esprit le lui permettrait il se lèverait et achèverait son travail, sa vendetta personnelle au nom d'une idéologie subjective et intrinsèque.
Il réalisait maintenant toute la portée de ses actes, de ses choix et en prenait pleinement conscience quand il vit les réactions succinctes et ordonnées du journaliste qui le faisait frisonner malgré lui.
Les crépitements du néon laissaient une sorte d'instance, douce et calme à cette scène morbide. Avec toute l'ironie du monde le trentenaire essayait d'avantage de se fondre au fond de sa chaise sentant avec un certains paroxysme et amour les fissures figées dans le bois gonflé par l'humidité et la moisissure du lieu. Soupirant il baissa son visage le secouant par de brefs vas-et-viens signe qu'il commençait à paniquer physiquement. Malgré ça il continuait à réfléchir, ses doutes l'assaillaient mais il ne cessait pas pour autant de chercher une échappatoire qui devenait presque tout désignée quand il entendait le bois gondolé qui craquait petit à petit à chaque mouvement.
Il était cependant hors de question de forcer sur les liens, il était déjà désavantagé et sans armes inutile donc d'infliger en prime un handicap considérable s'il venait à aggraver les brûlures et lacérations sur ses poignets.
Entendant la voix, cet appel impersonnel et écœurant ainsi que cette intonation dégueulant de sadisme, il tapa violemment du pied laissant le sol humide et poudreux dégager cette épaisse couche de terre poussiéreuse, une quinte de toux perça au travers du fracas des lourdes Rangers claquées au sol qui fléchit l'espace d'un instant coupant court la parole de Gabriel.
Son corps réclamait la fin de ce supplice, il hurlait de lui même se crispant discrètement mais, au fur et à mesure ces contorsions apparaissaient et disparaissaient d'elles-même sans aucun contrôle.
Relevant son visage il fit face à son vis-a-vis qui semblait sourire, la vision trouble de l'aîné ne l'aidait pas à cerner l'expression réelle de ce taré qui lui faisait face. De longues mèches barraient ses yeux floutant son regard défensif et agressif si typique d'une exposition prolongée à une peur viscérale et humaine.
Calmement il fit le point dans son esprit tout en écoutant le blond assoir sa notoriété de mafieux. A n'en pas douter qu'il savait tuer mais cela restait trop étonnant pour l'Allemand qui se mit à sourire inconsciemment, comme s'il se savait supérieur à son ennemi. Pourtant, quand le dit-ennemi se leva de son séant et s'approcha le trentenaire eu le reflex absurde de tirer sur ses poignets, comme s'il avait voulu s'emparer d'une arme logée dans son holster de poitrine pour faire feu. Au seul moment où il sentit une douleur âcre lui déchirer la peau des avants-bras, à cette simple sensation il se braqua frappant encore une fois au sol avec force, laissant une lourde impression de paralysie dans sa jambe droite. La poussière volait encore une fois faisant apparaître un fin nuage de poussière qui sépara l'espace de quelques secondes les deux protagonistes. Un court laps de temps durant lequel l'aîné se redressa forçant encore une fois sur ses liens arrachant d'avantage de peau et enfonçant encore la corde dans les blessures.
Quelques pas qui s'approchaient perçant la fumée blanchâtre, à cette vue l'aîné se redressa d'avantage se tenant droit tout en continuant sa folie, tirant chaque fois un peu plus espérant faire céder le cordage imbibé de sang à présent. Quand Gabriel arriva de face avec son arme en main, Elvan' n'eut qu'un seul reflex, celui de basculer sa tête sur le côté comme un signe d'abandon et dans le même geste il stoppa sa tentative de fuite. Le simple son métallique qui obsédait le trentenaire, ce stupide bruit d'arme à feu qui calmait de façon incontrôlable l'amant de ces jouets mortels.
Dans cet élan son ennemi pouvait continuer ainsi, se postant dans son dos et jouant à découvert laissant à Elvanthyel tout le temps d'admirer ce qu'il avait pu capter de son adversaire.
A peine eut-il le temps de réagir à ce qu'il se passait dans son dos le trentenaire senti l'arme effleurer sa joue. Un vaste soupir qui traduisait le départ de son angoisse physique, mentalement il restait indubitablement centré sur cette arme qui longeait son visage.
D'une oreille distraite il écoutait les paroles de Gabriel, un simple résultat qui eu l'effet d'une douche froide. C'était pourtant prévisible venant de cet homme, pourquoi s'en étonné se dit-il brièvement.
La tête toujours blottie sur son épaule il resta calme quoique un peu nerveux sur les bords, son corps restait paralysé et ses jambes endolories suite aux coups donnés sur le sol. Ses mains ne bougeaient plus, il n'essayait pour l'instant pas de se tirer de là. Il voulait en voir plus, c'était de la curiosité malsaine mais il voulait toucher du bout des doigts cette personnalité que son esprit réclamait. Comme s'il voulait savoir si Gabriel était réellement aussi dangereux que l'était le trentenaire. Savoir s'il était capable de tuer sans même porter un regard à quelqu'un ou quelque chose qui l'intriguait. Elvan', lui, était capable de tuer de sang-froid les choses auxquelles il tenait, ne pas regarder, ne pas regretter, ignorer, effacer... C'était une chose devenue naturelle depuis qu'il était ici.
Quand les quelques pas qui séparaient les deux hommes se multiplièrent l'aîné pu de nouveau apercevoir le journaliste qui venait de ranger son arme, réveillant à nouveau l'esprit de l'Allemand.
Dans sa tête se lançait une idée, tirer, foncer...
Il occulta totalement la personne qui lui faisait face et se redressa sentant les cordes saillirent à ses poignets.

Un large frisson crispa le dos et les jambes de l'aîné qui bascula la tête en avant tirant violemment sur les cordes qui s'effilaient maintenant. D'un geste lourd il balança ses deux pieds en avant frappant brutalement le sol qui craqua un grand coup inondant de poussière la pièce.
Quand le plancher cessa de s'effriter l'aîné recommença reprenant le même élan et se jetant avec force en avant faisant céder les barreaux qui formaient le dossier de sa chaise. A cet instant il sentit la corde ronger ses nerfs et les tendons de ses avants bras mais il ne s'arrêta pas avant de pouvoir enlever les cordes qui s'étaient défaites dans le geste.
Ses mains se libéraient d'un seul coup, les cordes tombant au sol permettant au trentenaire de se relever rapidement.
Se redressant il frappa une dernière fois au sol détournant l'attention. Sa panique venait de s'envoler au dernier coup, comme un glas à sa défaite.
A présent sur ses deux pieds il s'avança rapidement vers le blond, la douleur à ses poignets, ses jambes ankylosées et cette poussière qui l'étouffait ne suffisaient pas à l'arrêter dans sa fureur.
Son visage montrait cette personnalité si bestiale, impersonnelle, qui ne cherchait pas à éprouver de sentiments ou de remords. Simplement le fait de tuer de sang-froid. Dans sa démarche il couvrait les dernières paroles de Gabriel. Était-ce étrange que le jeu commence au moment où le blond l'avait décidé ?
D'une démarche hasardeuse mais décidée il se rapprochait rapidement du journaliste qu'il saisit d'un geste brutal par la nuque. Sa main gauche crispée sur la peau et les cervicales de son adversaire tandis que sa main droite tentait de saisir l'arme camouflée sur cette ordure.

Echec...

Lequel sera échec et mat ?

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